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Surface Pro 3 : que vaut l'extraterrestre du PC ?


Microsoft lance son concurrent du Macbook Air d'Apple : un ordinateur de 12 pouces taillé pour remplacer un PC portable puissant.

La Surface Pro 3 de Microsoft promet de remplacer un PC. © Microsoft 


Microsoft a lancé le 28 août en France sa nouvelle tablette Surface Pro 3, qui aspire à "remplacer le PC", pour un prix allant de 799 à 1 949 euros. Durant tout l'été, nous avons pris en main cet extraterrestre du rayon informatique, et nous vous livrons ici nos impressions. Premier choc lors du déballage : en dehors de son apparence, la Surface Pro 3 n'a rien de comparable avec une tablette classique comme l'iPad d'Apple ou la Galaxy Tab de Samsung. Dans ses composants comme dans sa prise en main, elle se positionne clairement face aux ordinateurs ultralégers haut de gamme, comme le Macbook Air.


Une pub Microsoft qui compare la Surface Pro 3 au Macbook Air :


Lors de la présentation aux États-Unis, en mai dernier, le P-DG de Microsoft Satya Nadella avait estimé qu'il s'agissait d'une "étape majeure" dans le développement des produits Microsoft, pour "réunir le meilleur de la tablette et de l'ordinateur". Le symbole est fort, pour Microsoft, puisque la Surface Pro 3 incarne à elle seule la stratégie "One Microsoft", qui prévoit que toutes les divisions du groupe doivent travailler ensemble (Windows, Windows Phone, Office, services aux entreprises, matériel, etc.).

La présentation de la Surface Pro 3 par Microsoft :



Les ingénieurs de Redmond ont réussi à intégrer un processeur Intel Core i7 (l'un des plus puissants disponibles) dans un châssis de seulement 9,1 mm d'épaisseur et 800 grammes. Un exploit alors que les tablettes iPad ou Android se contentent de processeurs mobiles (comme ceux des smartphones), qui leur interdisent d'exécuter des logiciels développés pour les ordinateurs. Malgré cette puissance, le ventilateur sait rester discret, et le châssis ne chauffe vraiment que si l'on recharge la batterie en même temps que l'on exécute une application gourmande. Sur les modèles Core i7 toutefois, Microsoft semble rencontrer quelques soucis, puisqu'il a annoncé une mise à jour (probablement déployée le 9 septembre) pour corriger un problème ponctuel de surchauffe.

Tout en se démarquant des tablettes, Microsoft capitalise sur ce qui a fait le (modeste) succès des précédentes versions de la Surface : le clavier protège-écran, toujours plus fin, et dont le trackpad (qui peut remplacer la souris) a été un peu amélioré, ainsi que les ports USB 3.0 et micro-SD, que l'on bénit à chaque fois que l'on reprend un iPad entre les mains. Pour mieux concurrencer les ordinateurs ultralégers, la taille de l'écran de la Surface a été augmentée, de 10,6 à 12 pouces. Le format passe de 16/9 à 3/2 (avec une belle résolution de 2 160 x 1 440 pixels) : un choix qui ne plaira pas à tous, mais qui permet de prendre des notes plus facilement avec le stylet fourni. Bon, cette fonction a beau être bluffante, nous n'en avons pas encore trouvé l'utilité...

Microsoft explique la prise de notes avec le stylet (en anglais) :



Le pied réglable intégré de la Surface Pro 3 est un régal. Il faut dire que nous étions resté au pied rustique de la Surface Pro 1... Désormais, il est possible de choisir exactement l'angle d'inclinaison de l'écran, et d'utiliser la tablette sur les genoux sans qu'elle s'effondre lamentablement. Nous avons testé le pied intensivement dans des conditions "extrêmes" : en conférence de presse nous sommes alternativement assis, debout, par terre, sur un bout d'accoudoir de siège de TGV... Et il a toujours rempli son office, avec l'aide de l'aimant, qui permet de coller le clavier à la tablette avec un très léger angle qui rend l'ensemble beaucoup plus stable.

La Surface Pro 3 tire agréablement parti de l'interface tactile de Windows 8.1, la même qui est insupportable sur un PC non tactile. S'il permet d'exécuter à peu près tous les logiciels du marché, le dernier système d'exploitation de Microsoft a beaucoup de défauts. Certains ont été corrigés, ou doivent être corrigés sous peu, via des mises à jour hebdomadaires. Mais un fait risque de demeurer longtemps : des applications manquent à l'appel, et il faut parfois passer par une bonne vieille page web pour accéder à un service de musique comme Spotify ou publier des photos sur Instagram. Toutefois, nous avons toujours réussi à arriver à nos fins, en jonglant parfois entre l'interface moderne et l'interface "historique" du bureau de Windows.

Après deux mois de test de notre tablette achetée début juillet aux États-Unis (avec un clavier QWERTY donc, et en version Core i5), nous sommes bluffés par la Surface Pro 3. Depuis des années, nous rêvions d'un tel produit nomade, capable de tenir le temps d'un vol transatlantique ou d'un Lille-Montpellier en TGV, mais aussi de faire tourner honorablement des jeux vidéo ou d'encoder des fichiers multimédia. Pour la première fois, une tablette semble être en mesure de remplacer véritablement un ordinateur portable puissant.

À en croire de nombreuses critiques, le principal défaut de la Surface Pro 3 et qu'elle n'est ni un iPad ni un Macbook, qu'elle n'a pas de pomme gravée sur son châssis. C'est un peu facile. Allons plus loin dans cette tarte à la crème de la critique : non, la Surface Pro 3 n'a pas l'interface intuitive d'iOS ou de Mac OS. C'est logique, n'en déplaise à beaucoup de testeurs, tellement amoureux d'Apple qu'ils ne seront de toute façon jamais séduits par un PC... De notre point de vue d'utilisateur régulier de PC et de Mac, la Surface Pro 3 est le meilleur appareil actuel sous Windows 8.1, et concurrence dignement le Macbook Air. Malheureusement, son prix élevé (799 à 1 949 euros) fait écho à cette excellence, surtout quand on y ajoute le clavier (129,99 euros) et la station d'accueil (199,99 euros). À ce prix, pas sûr que Microsoft réussisse à imposer sa vision du PC idéal... Dommage, car une politique tarifaire plus agressive aurait donné une chance à ce produit d'être un best-seller.

Prise en main de la tablette Surface Pro 3 :


Caractéristiques : écran tactile 12 pouces (2 160 x 1 440 pixels, format 3/2 et non 16/9) ; processeur Intel Core i3, i5 ou i7 Haswell (4e génération) ; 800 grammes sans clavier, pour 292,1 x 201,4 x 9,1 mm ; mémoire interne de 64 à 512 Go ; ports USB 3.0 et micro-SD ; 799 à 1 949 euros selon la version, sans le clavier (129,99 euros) ni la station d'accueil (199,99 euros).