"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui regardent et laissent faire !" Albert Einstein

Anonymous publie une liste de 9 200 comptes liés à Daech


Anonymous ne relâche pas la pression et poursuit son #OpISIS contre Daech, ils ont ainsi livré 9 200 comptes Twitter liés au groupe terroriste, notamment via la plateforme de microblogging afin d’inciter les réseaux sociaux à agir face à leur présence massive sur ces différentes plateformes, Twitter en tête.

C’est la « liste classée et vérifiée la plus importante qui ait été diffusée jusqu’à présent » pour l’International Business Times qui révèle l’information.

Lundi 16 mars, Anonymous, en collaboration avec deux autres groupes d’hacktivistes GhostSec et Ctrlsec, a dévoilé une liste de 9 200 comptes liés à Daech dans le but d’alerter sur leur présence toujours plus croissante sur les réseaux sociaux et inciter Twitter à agir.

Comme l’explique un texte publié sur Medium : « Plus ces comptes attireront l’attention, plus il y aura de chances pour que Twitter décide d’agir et de les supprimer ».

Dans cette liste que nous avons parcourue, certains comptes sont désormais inaccessibles, mentionnés comme suspendus ce qui signifie qu’ils ont été supprimés, sans que l’on puisse savoir si ce sont les services de Twitter qui ont effectué ce ménage. D’autres sont toujours actifs et leur affiliation à Daech ne fait aucun doute.




Avec cette opération, Anonymous espère ainsi endiguer leur propagande et entreprise de recrutement via les réseaux sociaux et encourage donc les internautes, « citoyens du monde », à signaler ces comptes auprès de la plateforme.

Début février, Anonymous menaçait l’État islamique dans un communiqué publié sur Pastebin :

« Nous allons vous chasser, abattre vos sites, comptes, emails, et vous exposer… À partir de maintenant, aucun endroit n’est sûr pour vous en ligne… Vous serez traité comme un virus, et nous sommes le remède. Internet est à nous. »

Cette opération a débuté peu après les attentats de Paris perpétrés entre le 7 et le 9 janvier dans la continuité de l’#OpCharlieHebdo.

L'efficacité de ces opérations reste néanmoins limitée

Problème: Xrsone, la personne qui a publié en ligne la liste de 9200 comptes, a aussitôt affirmé qu'il n'avait rien à voir avec les Anonymous. «Hacker des banques, ça ne m'intéresse pas», a-t-il précisé dans une interview accordée au site Vice. «J'en ai juste marre de voir des photos de soldats américains assassinés partout sur les réseaux sociaux.» L'internaute a expliqué avoir utilisé des données compilées par GhostSec et CtrlSec, qui se revendiquent de la mouvance Anonymous, sans pour autant être l'un de leurs membres. Depuis, Xrsone a supprimé son compte Twitter et retiré sa liste du Web, sans plus d'explications.

La fierté d'être désactivé

Les efforts de Xrsone ont tout de même été salués par les internautes se revendiquant d'Anonymous. Les revendications de ce dernier sont, par essence, très diverses. N'importe qui peut se revendiquer d'Anonymous et y porter son combat. Depuis les attentats de janvier en France, de nombreux «Anons» ont fait cause commune contre la présence en ligne de l'État Islamique. Une première opération, baptisée #OPCharlieHebdo, consistait en divers hackings de sites de propagande djihadiste. D'autres internautes se concentrent sur la dénonciation des comptes de partisans de l'État Islamique sur les réseaux sociaux. Rien que sur Twitter, au moins 46.000 comptes seraient associés de près ou de loin à l'organisation terroriste, d'après une étude menée par le think tank Brookings Institution. «Plus ces comptes attireront l'attention, plus il y aura de chances pour que Twitter décide d'agir et de les supprimer», estimait Xrsone dans un post de blog publié en parallèle à sa liste, supprimé depuis.

Ces opérations, très médiatiques, ne sont pourtant pas d'une grande aide à Twitter. Les règles du réseau social interdisent les menaces et les propos violents lorsqu'ils sont dirigés vers une personne ou une entité spécifique. Mais pour mener sa modération, il s'appuie uniquement sur les signalements des utilisateurs et des autorités. Les listes des Anonymous, une organisation non vérifiée, ne seront donc jamais utilisées en tant que tel. La médiatisation de ces opérations empêche en outre tout effet de surprise. N'importe qui peut consulter les listes publiées par les Anonymous. Un partisan de l'État Islamique qui remarque son pseudo dans un de ces documents peut supprimer son compte avant qu'il ne soit suspendu, pour mieux en créer un nouveau dans la foulée.

La désactivation d'un compte sur Twitter est même au contraire une source de fierté pour les djihadistes. «Se faire suspendre, c'est le signe qu'on est dans le vrai», estime l'un d'entre eux, cité par le journaliste David Thomson. «Sous sa forme actuelle, la censure pratiquée par Twitter est vaine et contre-productive», ajoute ce dernier. «C'est tout au plus une gêne pour la com jihadiste.»


Lucie Ronfaut